Laval-Ouest et son bassin d’épanchement

L’ouest de Laval, un cas particulier

Adaptation de l’article du 20 août 2015 :

Une des raisons principales pour interdire l’agrandissement au sol d’une maison en zone inondable est la création de laminage qui fait augmenter le niveau du plan d’eau en période de crue.

On veut bien ne pas envoyer notre eau dans la cour des autres en amont ou en aval de la rivière, sauf que lorsqu’on fait le calcul avec les surfaces impliquées et les conséquences, alors on peut questionner l’à-propos de l’interdiction d’agrandir des maisons dans notre secteur.

Voici ce qui en est. Entre l’embouchure à l’ouest de la rivière des Mille-Îles et le passage de l’autoroute 13, on retrouve 700 maisons situées en zone 0-20 ans dans les quartiers Laval-Ouest et l’Orée des Bois (Fabreville-Ouest).

On a fait un échantillonnage de 40 de ces 700 maisons qui a donné une surface moyenne de 95 m² (mètre carré) par maison et 650 m² par terrain.

Maintenant, au centre de ce secteur soit à la section 50 (3e av. Fabreville), le nouveau rapport de 2014 donne une cote de crue 0-20 ans de 23.23 mètres (au-dessus du niveau de la mer) et une cote 20-100 ans de 23.50 mètres donc plus ou moins 30 cm entre les deux.

C’est dans ce 30 centimètres que plusieurs résidences étaient passées d’une cote de crue 20-100 ans à une cote 0-20 ans impliquant de fait tous les problèmes que sont les règles trop restrictives pour le 0-20 ans. (Notez que les cotes de 2014 sont en cour de processus d’acceptation par Ville Laval et le ministère de l’environnement.  Ce dernier avait accepté les cotes de 2014 du rapport Dupuis pour la MRC Deux-Montagnes! )

Donc, supposons qu’un jour l’ensemble des propriétaires décidait de doubler l’occupation de la surface au sol de leurs maisons.  Sûrement improbable et exagéré mais le calcul parlera de lui-même.

On a 95 m² par maison, multiplier par 700 maisons, donc 66 500 m² de surface totale d’agrandissement.   Le volume d’eau des 30 cm d’eau sur 66 500 m² est de 19 950 m³ (mètre cube) pour ces 700 maisons.

Comme vous le verrez sur l’image plus bas, le bassin qui fait face à notre secteur fait 4 243 020 m² (4.2 km²).   Si on y étale le 19 950 m³ d’eau qui serait ajouté par l’agrandissement de 700 maisons, on obtient un mince 0.47 cm d’épaisseur!

Cela fait   3/16 de pouce d’augmentation du niveau d’eau sur la rivière provoquée par ces maisons.

En fait, si on regarde du côté du débit de la rivière, cette fois, on se rend vite compte que les 19 950 m³ d’eau qui serait hypothétiquement ajoutés prendrait 24 secondes pour être évacués au débit de 850 m³/seconde de cette rivière en crue.

Si on décidait plutôt de remblayer les terrains de ce 30 cm, on obtiendrait un volume total d’eau de : 650 m ² par terrain, fois 700 terrains, égale 455 000 m ², fois 30 cm pour un résultat de 136 500 m³ d’eau qui, une fois étalée sur le même bassin, représenterait une élévation de 3.22 cm, soit 1 pouce et 1/4. Temps d’évacuation de 2 minutes 41 secondes.

Tout ceci n’est que pour chiffrer le peu d’impact que pourrait avoir l’agrandissement d’une ou de très nombreuses maisons.

· L’argument du laminage ne tient plus pour l’ouest de Laval.

· L’aspect faunistique, non plus, dans des quartiers gazonnés mur-à-mur, qui ne sont pas des lieux de ponte pour les poissons et qui sont artificialisés depuis très longtemps. 

· La zone de grand courant qui est en fait une zone d’épanchement qui ne retient aucun courant.  (Jamais, même avant la construction du barrage alors qu’il y avait des inondations plus souvent (0-20 ans), il y a eu des morceaux de glace qui auraient circulés.  La rivière tourne et crée un bassin large qui peut accumuler une grande quantité d’eau)

· Un barrage fonctionnel qui atténue les crues subites lorsque cela devient un besoin, suite à des situations rares!

· Une gestion intégrée et efficace des bassins versants.  (La gestion chaotique et non coordonnée des bassins était une des causes importantes des inondations de printemps dans les années 70, cela fût corrigé au début des années 80.  Depuis cette époque, tout s’est grandement amélioré, tout a changé! 

Pourquoi ne pas tenir compte des trente dernières années d’existence du barrage et de sa gestion active? 

Tout ce qui précède démontre que ce secteur est une zone d’exception, un cas particulier.  Pour ce qui est de la rivière des Mille-Îles,  des mesures de protection efficaces et réfléchies ont été mises en place bien avant l’adoption de la politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables créé 2005.   La gestion coordonnée des bassins versant et des barrages est présente depuis le début des années 80 et le barrage est fonctionnel depuis 1985.

 Par ailleurs, la nouvelle politique vise l’ensemble du Québec et ne tient pas compte des disparités régionales et de la variété des différents systèmes écologiques existants.    Nous ne vivons pas la même réalité que les citoyens de la Cote Nord qui doivent tenir compte de la monter  du fleuve et de ses marées plus violentes envers les berges.   La loi qui tente d’établir des règles strictes sur un ton autocratique pour l’ensemble des régions crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.   Tôt ou tard, nous n’aurons d’autre choix que d’écouter les besoins des différentes régions et les difficultés réelles plutôt qu’imaginées de leur citoyen.

Nous comprenons la nécessité d’agir pour cesser la destruction des plaines inondables toujours vivantes.   Mais, est-il vraiment nécessaire de sacrifier des quartiers complets fortement habités?  

Tous ces citoyens habitant ces zones mal qualifié d’inondables, ont en toute bonne foi,  transformé des chalets en résidence 4 saisons.   D’autres ont construit des résidences plus moderne pour y fonder famille dans des lieux ou ils croyaient pouvoir élever leurs enfants dans un environnement paisible et naturel.   En quoi leur faire perdre une part importante de leur patrimoine pourra être d’une réelle utilité pour l’environnement alors que les plaines dites inondables sont asséchés depuis l’histoire de Plage Laval?   La diminution importante de la valeur des maisons et la dévalorisation complète des  terrains non constructibles depuis la nouvelle règlementation, ne fait qu’attaquer des citoyens qui ont sus se débrouiller depuis des années avec la nature.    Vous l’aurez compris, la violence n’est pas celle de la nature qui s’emballe mais belle et bien des politiques de gouvernance sans fondement pour notre quartier.

 

2 avis sur « Laval-Ouest et son bassin d’épanchement »

  1. Je vous invite à venir consulter notre site FB vert et éco-citoyen, le Signal.dalerte2015@gmail.com qui brosse un portrait local (St-Eustache et l’Ouest de Laval) des RISQUES auxquels nous somme exposés et comment ils sont liés à une mondialisation des effets du réchauffement climatique. Comment il faut bien comprendre comment les citoyens réagissent et s’assemblent en recours collectif. Le cas de Houston est ses bayous est intéressant. Venez sur notre site unique. Fabrication des capsules info sur la théorie de U. Beck, P. Freire, D. Maisonneuve,… Gilles & France.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *